Images prises à Washington, DC, au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse mercredi, portés par la conviction des investisseurs que la nouvelle majorité au Congrès américain après la victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat, n'entraînera pas de changements réglementaires de grande envergure pour le secteur technologique, compte tenu des prérogatives que conservera la Maison blanche face au pouvoir législatif.
À Paris, le CAC 40 a gagné 1,96% à 8.177,89 points, enregistrant sa plus forte hausse journalière depuis le 6 mai dernier.
A Francfort, le Dax a pris 2,22% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 1,79%.
L'indice EuroStoxx 50 s'est octroyé 1,97%, le FTSEurofirst 300 1,87% et le Stoxx 600 1,82%.
Les investisseurs ont accueilli avec soulagement la fin de l'incertitude concernant la seconde partie du mandat de Donald Trump : les républicains perdent leur majorité à la Chambre des représentants et au Sénat et seront soumis à un contrôle parlementaire renforcé, mais le président américain peut toujours faire usage de son droit de veto et le prévisible blocage législatif rend difficile la mise en oeuvre de mesures politiques radicales.
"Pour les investisseurs, un pouvoir divisé pourrait réduire la probabilité de réformes législatives d'envergure sans nécessairement atténuer les incertitudes politiques", écrit dans une note Stephen Dover, stratégiste chez le Franklin Templeton Institut, soulignant que Donald Trump conserve des pouvoirs exécutifs considérables en matière de droits de douane, de commerce international, d'immigration, de sanctions et de politique étrangère.
Les investisseurs suivaient de près ces élections et s'inquiétaient tout particulièrement de leur impact sur les perspectives du secteur technologique, les candidats démocrates prônant une réglementation accrue en plein essor de l'intelligence artificielle (IA), la construction de centres de données étant particulièrement visée.
Les indices évoluent également en forte hausse à la Bourse de New York, même si un examen plus attentif révèle certaines tensions chez les exploitants américains de centres de données, qui sont dans le rouge, tandis que le secteur des semi-conducteurs connaît une séance volatile.
La pression attendue des démocrates en faveur d'une réglementation de l'IA est par ailleurs perçue par les investisseurs comme un éventuel frein à la croissance et un facteur susceptible de réduire la nécessité de hausses des taux d'intérêt, ce qui a entraîné une baisse des rendements des obligations américaines.
Les investisseurs tentent en outre de se faire une idée de l'évolution du conflit au Moyen-Orient après la lourde défaite essuyée par le Parti républicain.
Chuck Schumer, chef de file des démocrates au Sénat depuis 2017, a insisté sur le fait que la priorité pour son parti était de faire baisser le coût de la vie pour les Américains, tout en évoquant une fin de la guerre contre l'Iran, ce qui a accéléré la chute des prix du pétrole, le Brent perdant 9,13% à 94,14 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 8,08% à 88,33 dollars.
Le régime iranien s'est par ailleurs réjoui mercredi du revers essuyé par Donald Trump, y voyant un rejet par les électeurs de la guerre lancée contre Téhéran fin février.
VALEURS
Les actions des banques du Stoxx 600 se sont clairement démarquées mercredi (+4,32%), les analystes soulignant que les établissements européens pourraient faire l'objet d'une surveillance moins stricte de la part des Etats-Unis, tout comme les titres du secteur des énergies renouvelables, généralement la bête noire des politiques de Donald Trump, farouche défenseur des énergies fossiles.
À Paris, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole ont gagné 4,66%, 3,8% et 3,3% et figurent ainsi parmi les valeurs les plus performantes du CAC 40 mercredi.
Les groupes du secteur des énergies renouvelables Vestas, Orsted et Nordex ont pris 2,8%, 4,6% et 4,8% après le revers des Républicains.
Sur le front des résultats d'entreprise, Novo Nordisk a bondi de 5,5%, la laboratoire danois ayant relevé ses prévisions alors que son traitement anti-obésité Wegovy a dépassé les attentes au troisième trimestre.
Pandora et Continental, qui ont également relevé leurs objectifs 2026, ont progressé respectivement de 10,9% et 5,2%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones grimpe de 2,92%, le Standard & Poor's 500 gagne 1,72% et le Nasdaq Composite avance de 1,91%.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'inflation dans la zone euro s'est accélérée comme prévu sur un an en octobre, à 4%, restant bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE), selon les données préliminaires publiées mercredi par Eurostat. Ces données renforcent encore davantage les perspectives d'une hausse des taux d'intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) en décembre, après la pause décidée le mois dernier.
La croissance économique en zone euro a fortement ralenti en octobre sous l'effet d'une demande en situation de quasi-stagnation, tandis que la hausse des coûts pèse sur les entreprises et que la confiance a atteint son plus bas niveau en cinq mois, montre l'indice composite définitif des directeurs d'achat (PMI), publié mercredi.
En France, l'activité dans le secteur des services a enregistré en octobre sa plus importante contraction depuis mai, les manifestations dans la deuxième économie de la zone euro ayant contribué à un recul de la demande intérieure.
Aux Etats-Unis, la croissance des services a légèrement ralenti en raison de la modération des nouvelles commandes, tandis que les chaînes d'approvisionnement restent sous pression et les prix des intrants se maintiennent à des niveaux élevés, selon les données publiées par l'Institute for Supply Management.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 5,6 points de base à 4,8941% et celui de l'obligation à deux ans cède 3,9 points de base à 4,5747%.
Le Trésor américain a par ailleurs modifié mercredi sa formulation concernant le volume des futures adjudications de dette, un changement qui, selon les analystes, devrait ouvrir la voie à des ventes plus importantes d'obligations à court et moyen terme et à d'éventuelles réductions du volume des adjudications de titres à plus long terme.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a reculé de 2,4 points de base à 3,2869%. Le deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux de la BCE, a fini quasi inchangé à 3,0193%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a reculé de 10,5 points de base à 4,8255%, s'offrant ainsi une trêve dans un contexte de tensions sur la dette souveraine de la deuxième économie de la zone euro.
Une journée nationale de grèves et manifestations est par ailleurs prévue jeudi dans les secteurs privé et public, un nouveau défi pour le président Emmanuel Macron après des semaines de mouvements sociaux qui ne font qu'aggraver les craintes budgétaires et tiennent les marchés en haleine.
CHANGES
Une éventuelle réglementation plus stricte du secteur de l'IA pénalise le dollar, également affecté par la baisse des rendements obligataires.
La monnaie américaine cède 0,26% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,21% à 1,1216 dollar.
A SUIVRE LE 5 NOVEMBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

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